A la Compagnie de Bauxite de Guinée (CBG), les choses ne seraient pas au beau fixe. Depuis quelques semaines la direction générale et l’union syndicale des travailleurs ne conjugueraient plus le même verbe. Et c’est le moins qu’on puisse constater. Car, les travailleurs menacent d’aller en grève du 1er au 3 février prochain.
Ils ont adressé, à cet effet, une lettre au Directeur Général, le 22 janvier dernier. Le syndicat des travailleurs indique que si leurs revendications ne sont prises en compte d’ici quelques jours, rien ne pourra empêcher la grève.
En effet, le 30 décembre 2009, l’union syndicale des travailleurs avait lancé un préavis de grève à la direction générale de la CBG. Dans ce préavis n°30, le syndicat réclame le paiement de 3.500.000 dollars US aux employés de la compagnie à compter du 1er novembre 2009 et le respect de leurs accords. Des accords dûment signés, que le directeur général n’aurait jamais respecté.
Ainsi, dans la lettre qu’il a adressé à la direction générale de la CBG, le syndicat des travailleurs dénonce en ces termes : « considérant le fait que Nitrokemine offre un bonus de 5.353.000 GNF par employé au moment où vous nous refusez moins de 250.000 GNF par mois et par employé, est une preuve éloquente qui confirme que cette sous-traitance est douteuse et ne profite qu’à des individus. La société est loin d’être en difficulté ».
Or dans les clauses du contrat, l’objectif visé aurait été de ramener le coût de production de la tonne de bauxite à 10 dollars US et améliorer les conditions de vie des travailleurs. Et malgré certains handicaps révélés au niveau de la compagnie, le contrat au lieu d’être résilié a été renouvelé pour 2 ans. Donc, dans leur avis de grève, les travailleurs dénoncent que « 17 expatriés et leurs familles ont été évacués avec des frais non budgetisés dans des hôtels à l’extérieur de la Guinée alors qu’aucune menace ne pesait sur eux ». Avant de poursuivre que depuis 2008, la CBG a promis de faire profiter à ses travailleurs les profits générés par la production. Mais ce qui semblerait être du feu de paille. Car malgré la surproduction de plus de 1 million de tonnes de bauxite, les travailleurs n’ont jamais perçu la prime de production qui, pourtant leur revient de droit.
Aussi en décembre 2008, il y aurait eu promesse d’une augmentation salariale variant entre 40 et 60% pour les employés. Chose qui n’aurait jamais été appliquée. La direction se serait plutôt contentée de multiplier par 700% le prix du ravitaillement. Ce qui s’avérerait d’ailleurs d’une rémunération globale (salaire+avantages en nature) que les employés avaient négocié.
Pourtant, selon les travailleurs, dans le souci de maintenir la paix et préserver les profits de la CBG, ils auraient réduit leurs prétentions de 7 à 1 millions de dollar. Soit moins de 1% des profits et moins de 0,4% du coût de production. Mais malgré moult négociations, la direction générale aurait refusé de coopérer. Et c’est pourquoi, cette fois ci, l’union syndicale des travailleurs déciderait d’aller jusqu’au bout de ses revendications.
La lettre précise que durant la période de grève, il n’y aura ni chargement de camions à la mine de Sangarédi, ni transport de wagons sur le chemin de fer, ni culbutage et concassage, ni chargement de bateaux.